Téléphérique 3S

type de téléphérique From Wikipedia, the free encyclopedia

Un téléphérique 3S est un type de remontée mécanique issu du mariage entre la technologie du téléphérique et celle des remontées mécaniques débrayables, d'où son surnom : téléphérique débrayable. Celui-ci possède deux câbles porteurs et un câble tracteur soit 3 câbles (d'où « 3S », S comme Seile qui signifie « câble » en allemand)[1].

Un téléphérique 3S à Coblence utilisé pour franchir le Rhin.

Histoire

La première remontée de ce type est l'Alpin Express dans la station suisse Saas-Fee construit par Von Roll entre 1991 et 1994. La société Von Roll n'a plus jamais construit de téléphérique 3S par la suite. Elle est rachetée en 1996 par Doppelmayr, qui va construire l'Olympique dans la station française Val d'Isère en 2002 en reprenant le concept 3S de Von Roll et en améliorant.

En 2009, c'est le constructeur italien Leitner qui construit son premier téléphérique 3S en Italie, il s'agit du téléphérique de Renon. Le concept de la technologie 3S de Leitner a la particularité de proposer des gares courtes pour les applications urbaines, ou à faible débit, tout en proposant aussi une solution équivalente à son concurrent avec des débits allant jusqu'à 6 000 personnes/heure[2] et par direction.

À partir de 2013, grâce à la collaboration entre les deux constructeurs de remontées mécaniques du groupe HTI lors de la construction du Prodains Express à Avoriaz, Leitner et POMA partagent désormais la même technologie 3S.

En 2023, Doppelmayr présente au salon INTERALPIN à Innsbruck sa nouvelle gamme 3S TRI-Line[3] : un 3S « compact » proposant des débits jusqu'à 8 000 personnes par heure et par direction. En limitant la capacité des véhicules à 20 places maximum, les gares et pylônes ont pu être allégés, rendant le système 3S moins encombrant, tout en proposant théoriquement des débits similaires. La première remontée de ce type a été ouverte en 2025[4] à Hoch-Ybrig en Suisse.

Avantages

Les principaux avantages de ce type de remontée sont :

  • un confort remarquable. En effet, les passages de pylône ne secouent pas vraiment ;
  • une vitesse en ligne plutôt élevée (environ 8,5 m/s = environ 30,6 km/h), ce qui permet d'atteindre rapidement les sommets ;
  • un débit allant jusqu'à 8 000 personnes par heure et par direction[3] ;
  • une consommation énergétique réduite, puisque la charge des véhicules est supportée en partie par les câbles porteurs ;
  • une bonne stabilité au vent. Toulouse a par exemple choisi la technologie 3S sur cette raison par rapport à la technologie télécabine monocâble car le 3S peut fonctionner jusqu'à des vents supérieurs à 108 km/h, contre 70 km/h pour le monocâble[5] ;
  • la possibilité de grandes portées, le record mondial actuel étant le Peak 2 Peak avec une portée unique de plus de km ;
  • de grandes hauteurs de survol.

Détails techniques

Les composants de la ligne  les pylônes, les cavaliers et les câbles  sont très similaires à ce qu'on peut retrouver sur les téléphériques va-et-vient.

Le reste de la remontée est en revanche bien spécifique :

  • les véhicules d'une capacité d'une trentaine de places, disposent d'un chariot plus petit de seulement 4 bogies (un bogie est constitué de 2 galets de roulement) et d'une attache débrayable avec plusieurs mors (seulement un seul sur la plupart des attaches monocâble de télécabine ou de télésiège) ;
  • les gares sont plus longues pour intégrer les rampes d'embrayages, la zone d'embarquement et le contour ;
  • le système de tension est fixe déplaçable ou mobile (vérin de tension comme sur une remontée mécanique monocâble), mais on ne retrouve jamais de contrepoids comme sur les téléphériques va-et-vient ;
  • la motorisation peut être un ensemble motoréducteur ou souvent un moteur lent couplé directement à la poulie motrice.

Liste des téléphériques 3S dans le monde

Allemagne

Autriche

Canada

Chine

France

Italie

Norvège

Russie

Suisse

Viêt Nam

Téléphériques 3S en construction

Notes et références

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